L'Eire demande jeudi à la Fifa de rejouer le match contre la France, regrettant une "décision incorrecte de l'arbitre" sur la "main volontaire de Thierry Henry" suivie de l'élimination de l'Eire du Mondial-2010.
: Une main qui fait jaserUn joueur de l'Eire après la victoire des Bleus mercredi soir, au Stade de France"Vol en plein jour", "La main de la grenouille", "The triche"... La presse irlandaise tire à boulets rouges jeudi matin sur la victoire controversée des Bleus lors des qualifications de la Coupe du Monde. Pour ceux qui ont loupé l'événement de mercredi soir : l'équipe de France de football s'est imposée face à l'Eire après un but décisif de William Gallas, aidé par une main de Thierry Henry. Et de décrocher son ticket pour l'Afrique du Sud. Jeudi matin, les supporters irlandais se sont réveillés groggy et la tristesse de la veille fait peu à peu place à une grosse colère. Ici et là, des voix s'élèvent pour rejouer ce match décrié.
C'est notamment ce que demande à la Fifa la fédération irlandaise de football (FAI) regrettant une "décision grossièrement incorrecte de l'arbitre". "La preuve absolue apportée par la vidéo sur la main volontaire de Thierry Henry, qui a conduit au but de la France dans le temps additionnel, a été vue par des millions de supporteurs dans le monde", argumente la FAI. "Il faudrait rejouer le match", a également souhaité le ministre irlandais de la Justice. "Ils (la Fifa) ne voudront probablement pas parce que nous ne comptons pour rien dans le football mondial mais mettons-les au pied du mur." "C'est la moindre chose que nous devons aux milliers de jeunes supporters de notre pays anéantis. Sinon, si ce résultat est maintenu, cela confortera le fait que les tricheurs sont récompensés", a-t-il encore plaidé. Thierry Henry a admis avoir fait main sur le but de William Gallas.
"Impossible de rejouer le match"
Liam Brady, l'entraîneur adjoint de la sélection nationale, a également souhaité rejouer le match. "Je n'y crois pas beaucoup mais on est prêt à aller à Paris et à rejouer le match, sur leur pelouse, pour avoir un vrai gagnant", a-t-il dit à la BBC. Même son de cloche du côté des joueurs, d'après le défenseur Kevin Kilbane. "j'ai revu le ralenti, c'est clair pour tout le monde qu'on s'est fait avoir."
Mais le sélectionneur de l'Irlande Giovanni Trapattoni a reconnu qu'il était "impossible de rejouer le match". "Je suis déçu pour nos supporteurs. Ils le méritaient, ils nous ont suivis en France. Mais je suis un homme concret", a-t-il expliqué sans jamais s'en prendre à l'attaquant français Thierry Henry. Trapattoni a appelé les instances du football à recourir à la vidéo. "Un arrêt de 30 secondes, ce serait mieux pour clarifier ces situations", a dit l'Italien. "Il y a beaucoup de questions: le fait qu'ils aient changé les règles sur les têtes de série" avant les barrages, a encore regretté l'Italien en demandant à la Fifa d'expliquer pourquoi elle avait désigné le Suédois Martin Hansson pour arbitrer la rencontre. L'an passé, il avait officié lors d'un match nul en Ligue des Champions entre Liverpool et l'Atletico Madrid, accordant un pénalty contesté dans les ultimes instants aux Reds, qui avaient égalisé.
En France aussi
Bayrou : "Dans un monde idéal, il faudrait rejouer le match"
"Je me dis que dans un monde idéal, il faudrait rejouer le match mais le monde n'est pas encore idéal", a expliqué le président du MoDem, qui s'est dit "persuadé que si l'arbitre avait posé la question à Thierry Henry, il aurait dit la vérité".
De Villiers exige des "regrets publics" de Domenech
"Raymond Domenech devrait exprimer ses regrets publics et avoir un geste de dignité envers l'Irlande" après la victoire "volée" de la France dans ce match. "La morale de ce match c'est que l'on peut tricher du moment qu'on n'est pas pris. L'équipe de France va traîner pendant des années cette image d'équipe de tricheurs", a-t-il déploré.
Des profs de sport s'indignent d'une tricherie
"L'équipe de France ira donc en Afrique du Sud sur la base d'une tricherie indiscutable, révélatrice des dérives qui touchent en particulier le football aujourd'hui", écrit un syndicat de professeurs d'éducation physique dans un communiqué, évoquant "argent, violence, tricherie, dopage, exacerbation des passions, xénophobie, chauvinisme identitaire".